DANS LA MARGE

et pas seulement par les (dis) grâces de la géographie et de l'histoire...

mercredi 25 novembre 2009

P. 199. Un Résistant : Hilaire Gemoets.

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Pages nomades (Noyers sur Serein, non loin de Vézelay - Ph. JEA / DR).

A la question : "Mais, finalement, pourquoi fréquentez-vous la toile ?"
L'une des premières réponses, parmi les plus spontanées, sera : "Sur la toile ? Pour les livres. Parce que les bouquins y poussent en forêts. Pour les océans de pages. Pour les bibliothèques aux rayons lumineux. Parce qu'il n'est surtout pas question d'y chercher la sortie des librairies labyrinthes."

Tania ouvre l'un de ces lieux mystérieux où se réunissent des inconnu(e)s guidés par la rose des vents de la littérature. Pour les plaisirs de naviguer sur les méandres de fleuves d'encre. Pour les fragrances des feuilles. Pour les pages à tourner sans lassitude, pour y retourner même. Pour toutes les clefs offertes et qui ouvrent les serrures d'horizons sans fins.
Les "Textes & Prétextes, Notes de lecture d'une Bruxelloise" (soit Tania), ne sont pas seulement une musique de chambre ni une petite musique de nuit, ce serait trop réducteur. Mais les instruments sont toujours d'époque(s). Et l'harmonie de ses billets est portée par la grâce.
Exceptionnellement, suite à un commentaire déposé comme un galet du souvenir sur ce blog, Tania a délaissé ses livres non encore découpés, pour évoquer une mémoire familiale devenue collective.

Page nomade de Tania :
"Un Résistant,
Hilaire Gemoets".


Hilaire Gemoets en médaillon sur la stèle de Webbekom (Doc. Tania / DR).

Il avait vingt ans, le 3 septembre 1944, lorsqu’on lui a fait creuser sa propre tombe, au bord d’un champ, avant de le fusiller. Le jour de la Libération de Bruxelles. Dans l’énorme joie d’une guerre qui se termine, que de larmes dans la famille Gemoets d’Assent, près de Diest. Ce jeune frère de ma mère ne verrait jamais la paix. Sur le monument élevé à sa mémoire à Webbekom, près de l’endroit où des Allemands lui ont ôté la vie, on peut lire en flamand :

« Ici fut fusillé
Hilaire GEMOETS
Assent 14 janvier 1924
Webbekom 3 septembre 1944
Commandant de corps des Partisans Belges
Membre du groupe G
Pour le peuple et la patrie »

Chaque année, le 3 septembre, une cérémonie est organisée à sa mémoire. J’y ai assisté pour la première fois cette année, aux côtés de ma mère et de la famille. Une centaine de personnes, dont plus d’une trentaine de porte-drapeaux, s’étaient déplacées, soixante-cinq ans après sa mort, pour un double hommage, d’abord au monument, puis autour de sa tombe au cimetière d’Assent. Discours. Musique. Fleurs. La mémoire de la Résistance est forte et fidèle. C’est une image de la Flandre que les médias ne montrent pas souvent, où les drapeaux belges flottent fièrement.

Mes parents – mon père wallon, ma mère flamande – ont souvent raconté leurs souvenirs marquants de la guerre. Ceux qui prétendent que tant d’années après, ces blessures sont fermées, ne peuvent imaginer à quel point ceux qui les ont vécus restent hantés par ces événements. Leur évocation reste si sensible qu’on n’en parle encore dans ma famille maternelle qu’au bord des larmes.

Pourquoi n’avoir pas écrit toute votre histoire en détail après la guerre, ai-je demandé à ma mère. La souffrance était trop insupportable. Mon grand-père, arrêté en juin 1944 – parce qu’on n’avait trouvé ni le fils ni la fille engagés dans la Résistance, c’est-à-dire mon oncle Hilaire et ma mère – et emmené au camp de Dora puis de Buchenwald, n’est revenu chez lui, d’une maigreur effrayante, qu’en juin 1945. Puis il fallait se tourner vers l’avenir, il fallait vivre.

Après Dora, le Grand-Père de Tania fut transféré à Buchenwald (Doc. JEA / DR).

Je ne suis pas historienne, et j’ignore s’il existe des archives de la Résistance belge où seraient mentionnés les faits et gestes du groupe de partisans de mon oncle Hilaire, qu’on appelait « Frans » dans la Résistance. Même ma mère, dite « Josée », n’en connaît que des bribes. Le silence était la première des sécurités. Mais il a confié certaines choses à sa sœur.

Un jour de 1941 ou 1942, Hilaire Gemoets prend le tram vicinal pour Louvain. Comme cela arrivait régulièrement, le tram s’arrête et deux membres de la Gestapo montent pour contrôler les identités. Une dame s’approche alors de lui et lui demande en lui montrant une lettre de la porter à une adresse précise à Louvain. Il. Il comprend que cette femme se sent en danger, met la lettre dans sa poche. C’était une ancienne institutrice de Bekkevoort, Céline, qui a été arrêtée plus tard et déportée.


Les parents d’Hilaire s’inquiètent de ses escapades mystérieuses de jour ou de nuit. Petit à petit, ils devinent que ce fils de dix-sept, dix-huit ans, particulièrement intelligent et débrouillard, est entré dans la Résistance. Au début, son père y est tout à fait opposé, pour les dangers auxquels il expose toute sa famille (trois filles, trois garçons). Mais Hilaire a une bonne couverture : il achète du beurre et des œufs dans les fermes des environs et les revend chez des particuliers à Bruxelles, à Louvain. Il multiplie ainsi ses contacts.

Un jour, ma mère l’accompagne à un rendez-vous sur une route déserte entre Onze-Lieve-Vrouw Tielt et Tirlemont. Elle l’entend expliquer avec calme et clarté aux sept hommes présents ce qu’ils ont à faire, elle comprend qu’il est leur chef. Il s’agissait d’un parachutage de matériel divers à Holsbeek, près de Louvain. Chacun avait sa part de travail. « Josée » se chargerait du courrier. Mais voici que passent deux hommes en bicylette : Hilaire leur demande de s’arrêter, vérifie avec soin leur identité. Ils ne disent rien, impressionnés. Hilaire leur rend leurs papiers et leur demande de passer leur chemin sans dire un mot de cette rencontre. Ils s’en vont, puis tout le groupe se disperse. Le parachutage s’effectue quelques jours plus tard à l’aube, dans une propriété près d’une carrière déserte. Tout se passe très bien. Juste avant la fin de la guerre, le propriétaire, un résistant, sera arrêté.

Une action d’éclat : le sabotage de la Centrale du chemin de fer de Diest. Le groupe de partisans voulait mettre en panne la circulation des trains de matériel de guerre en provenance d’Allemagne. Hilaire avait peaufiné le plan pendant des semaines. Et tout se passa parfaitement, à part un retard de quelques minutes pour quitter les lieux. Retranchés derrière des wagons, les partisans durent se battre et deux d’entre eux furent légèrement blessés. Le trafic ferroviaire fut paralysé pendant quelque temps.

Une autre fois (janvier 1944), ils sabotèrent des pylônes à haute tension, privant les Allemands de communications pendant des semaines. Un projet mis au point par Jean Burgers à l’Université Libre de Bruxelles, qui sera pendu à Buchenwald en septembre 1944. Le groupe d’Hilaire s’occupait également de trouver un toit et des vêtements pour les aviateurs alliés dont les avions avaient été abattus, cachés dans les environs, et de les évacuer. Avec la complicité d’employés, les résistants se procuraient des timbres, des tickets de rationnement, des cartes d’identité vierges.

Quelqu’un qui travaillait à la Kommandantur de Louvain les avertit un jour de la présence d’un traître dans leurs contacts. Depuis quelques semaines, des voisins voyaient des têtes dépasser de temps en temps des champs de blé sur le flanc de la colline, on surveillait la maison. Sa famille apprend aussi qu’on a mis 500.000 francs sur la tête d’Hilaire Gemoets. Un soir, ma mère a préparé des cartes d’identité, qu’elle a remplies à la machine à écrire, comme à la commune, pour deux aviateurs alliés et quatre prisonniers en fuite. A peine endormie, elle entend des coups terribles sur les portes, à l’avant et à l’arrière de la maison en même temps. Tout de suite, elle pense à la Gestapo, s’empare des faux papiers glissés dans la poche d’un cache-poussière, les met sous son drap de lit et se recouche.

Quand la porte de sa chambre s’ouvre, deux types lui demandent de se lever. Elle répond qu’elle ne peut pas, qu’elle est grippée. Ses plus jeunes frères, de leur côté, ne bougent pas non plus. Un homme regarde sous le lit de ma mère, n’y trouve rien, insiste pour qu’elle se lève. Alors un officier allemand apparaît et dit qu’il n’y a rien, qu’il a déjà regardé. Les hommes sortent. Sauvée ! Hélas, deux minutes plus tard, une exclamation de triomphe : dans la chambre des garçons, entre l’armoire et le mur, ils ont trouvé un rouleau de petits journaux clandestins qu’Hilaire distribuait. On les rassemble tous à l’avant de la maison, dans le magasin (une épicerie). Comme on leur demande où est Hilaire, ce qu’ils ignorent – il ne leur donnait jamais d’informations précises – on emmène le père, qui s’est rhabillé complètement, vers trois heures du matin. Tous sont atterrés. Après que les voitures de la Gestapo sont parties, ma grand-mère dit à ma mère de prendre quelques affaires et de partir le plus vite possible, au cas où ils reviendraient. Et elle avait raison, ils sont revenus pour elle.

Je raconterai une autre fois comment ma mère a vécu cachée dans une pension de famille près de l’abbaye d’Averbode. C’est là qu’elle se trouvait le 3 septembre 1944. Le lendemain, une connaissance est venue lui annoncer que son frère était blessé, gravement. En route vers Assent, elles voyaient les avions qui mitraillaient la route de Louvain vers Diest. Les Allemands battaient en retraite. Vu le danger, la messagère lui dit la vérité, qu’il ne servait à rien de trop se dépêcher, qu’elle ne verrait plus son frère vivant.

Le 10 août 1944, lors d’un combat avec la Gestapo à Wilsele, près de Louvain, Hilaire avait été blessé. Soigné par un médecin de l’endroit, il fut transporté à quelques kilomètres de chez ses parents, dans une ferme, où il se rétablissait lentement. Depuis l’arrestation du père en juin, la maison d’Assent était constamment surveillée par la Gestapo. Une nuit, cependant, il avait réussi à se faufiler jusque-là pour embrasser sa mère, restée seule avec sa plus jeune fille de sept ans. Le 3 septembre, à la suite d’une dénonciation ou d’un malheureux concours de circonstances – nous ne le savons pas exactement –, des officiers allemands, accompagnés de membres de la Gestapo, sont arrivés dans cette ferme où il se reposait. Hilaire a voulu s’enfuir, mais en vain. Ils l’ont exécuté dans le champ de Webbekom, où un monument de pierre l’honore à jamais.

Hilaire Gemoets, dont la dépouille avait été déterrée pendant la nuit et déposée à l’église d’Assent où elle est restée jusqu’au jour de l’enterrement, a eu des funérailles grandioses, quasi nationales. L’église était pleine et dehors aussi, une foule nombreuse a rendu hommage à l’héroïsme d’un jeune homme qui avait donné sa vie pour rendre la liberté à son pays.

TANIA.

Cérémonie à la stèle de Webbekom (Doc. Tania). Ce billet est également publié, avec une iconographie qui lui est plus personnelle, sur le blog de Tania.

25 commentaires:

brigetoun a dit…

pour les découvertes (dont celle ci) et la polyphonie

JEA a dit…

@ brigetoun

Pour une page nomade, la distance Avignon-Ardennes, n'est évidemment qu'une question de quelques instants lumières...
Si elle portait votre écriture, cette page-là serait tellement la bienvenue !

D. Hasselmann a dit…

Tragique histoire mais beau souvenir, digne d'un scénario de film.

On connaît peu la Résistance belge : les frères Dardenne (comme leur nom l'indique) devraient peut-être s'en occuper ?

JEA a dit…

@ D. Hasselmann

Des études sur la résistance belge sortent en librairies mais ne franchissent pas ou si peu la frontière qui, là, reste imperméable...
Au cinéma, je ne vois que Christian Barbier dans l'"Armée des ombres"...

Tania a dit…

Cher JEA, merci pour votre grande bonté à l'égard de mon blog et surtout pour vos encouragements à écrire l'histoire de cet oncle jamais connu et si présent dans ma famille. Je suis émue de le retrouver dans vos colonnes.
Dans la foulée, j'ai décidé de raconter d'autres "souvenirs de guerre" de ma mère, également résistante. Vous pourrez les lire demain.
"Car c'est du temps de leur vivant
Qu'il faut aimer ceux que l'on aime" (Barbara)

JEA a dit…

@ Tania

Vivement demain jeudi sur votre blog !
Dans l'attente, puis-je vous demander de (re)venir régulièrement par ici ? Afin d'apporter vos réponses aux commentaires générés par votre "page nomade" ?

Elisabeth.b a dit…

Hilaire Gemoets. Merci Tania de nous parler de lui. Il est des hommes dont le souvenir est précieux. Bien au-delà du cercle de ceux qui les ont aimés.
Il est des noms qui s'apprennent avec émotion. Tristesse admiration mêlées. Ils se prononcent et se transmettent avec l'espoir qu'ils portent en eux.

Tania a dit…

@ brigetoun: merci à vous qui m'aviez aussi encouragée à écrire cette histoire, il me semble.

@ D. Hasselmann: une référence, pour info, le livre de William Ugeux, Le "Groupe G" (1942-1944). Deux Héros De La Résistance: Jean Burgers et Robert Leclerq (Elsevier)

@ Elisabeth.b: votre commentaire me touche beaucoup, merci à vous.

JEA a dit…

Et deux pages sur ce blog :

- P. 105. Léopold De Hulster, lettre depuis la prison de Namur.

- P. 32. Mort de Robert Maistriau.

Saravati a dit…

Merci JEA et Tania
pour cette page d'histoire impressionnante.
Impressionnant le courage et l'aura de ce jeune homme dans ces temps de guerre. Impressionnant aussi les liens qui unissaient cette famille et qui l'unissent au-delà de la mort !
Moi qui ne suis généralement pas très sensible aux commémorations, ici, je m'incline !
Une histoire vraie qui mériterait d'être racontée et de faire l'objet d'un film.

JEA a dit…

@ Saravati

il n'y a pas de barbelés, de pancarte "propriété privée" et de garde-chasse pour ce blog
les nomades ne risquent pas d'en être expulsés : il n'y a pas de frontières...
si vous aviez une page, vous aussi...
mais pour celle-ci, Tania est seule à la porter

Tania a dit…

@ Saravati: impressionnée, je l'ai été moi-même particulièrement le 3 septembre dernier, lors de la cérémonie à sa mémoire. De sentir à quel point ce jeune homme continue à incarner quelque chose d'essentiel encore aujourd'hui.

Anonyme a dit…

Un récit éminemment sensible qui réveille toute mon enfance bercée de la sorte par des parents de la même génération qu'Hilaire, l'une dans le Réseau de Lille (pour faciliter l'arrivée des Anglais), l'autre dans le Réseau de Lyon, les deux marqués jusqu'à leur mort par ces années de peur.
--
« Même ma mère, dite « Josée », n’en connaît que des bribes. Le silence était la première des sécurités. »
... me fait relire un passage d'un des journaux intimes : « Grande discussion avec Papa qui m'a énuméré tous les supplices que pouvait faire subir la Gestapo. Je lui ai dit que j'étais bien au courant mais que je ne pouvais pas lâcher mes camarades comme ça et nous sommes tombés d'accord pour que je parte loger ailleurs sans lui dire où par sécurité ; j'aurais d'ailleurs bien été en peine de le lui dire parce que je ne le savais pas moi-même. »
En note de bas de page : « Quand l'un de nous se faisait arrêter ou quittait la ville en urgence, cela créait de gros problèmes à nos camarades qui peinaient à renouer des contacts. Le cloisonnement était tel que certains ne connaissaient que le maillon qui lui donnait les consignes et celui à qui il les transmettait.»

La Belgique est si souvent mentionnée dans ces pages...

ArD

JEA a dit…

@ ArD

Grand merci pour pour votre témoignage. Des liens inconnus jusqu'ici, se tissent encore après plus de soixante années de silences...
Veuillez excuser le réflexe un rien professionnel : quid de ces journaux intimes, du moins des passages qui peuvent être rendus publics ?
Par définition, l'histoire de la clandestinité manque cruellement d'écrits.
Ces pages ont-elles déjà été inventoriées ? Publiées ? Confiées à des archives (p. e. départementales, musée de la résistance...). A vous lire, les questions se bousculent.
Vous pourriez commencer à répondre sous forme d'une page nomade ici ?!?

JEA a dit…

@ ArD

Pardon pour ce oubli : que la Belgique soit souvent citée par votre Mère, n'a rien d'étonnant dans la mesure où Lille était alors rattachée au Ht Commandement militaire allemand de Bruxelles. Et où des réseaux d'évasions, notamment d'aviateurs alliés, étaient forcément transfrontaliers (ainsi "Comète").

Tania a dit…

@ ArD: Merci de nous confier un passage de ces journaux intimes, si précieux. J'y retrouve la tension des récits de ma mère, les étranges et parfois difficiles rapports des jeunes résistants avec leurs parents, et cette peur à jamais inscrite en eux, leur insatiable désir de justice.
Je rejoins JEA: trop peu d'écrits pour mieux dire l'histoire de la clandestinité.

frasby a dit…

Merci JEA, de nous emmener sur le blog passionnant de Tania, (oui, vous avez tellement raison), au précieux témoignage se joint musiques et écritures véritablement "portées par la grâce". Une découverte, pour moi, un blog dont je garderai précieusement le lien, aussi pour les jours à venir. Et une histoire que je découvre à n'en pas perdre une virgule. Une fois encore, j'apprends, ce n'est pas rien. Merci à vous aussi Tania.

Cactus homme lézard a dit…

merci pour Tania !

Tania a dit…

@ Frasby: il m'a fallu du temps pour l'écrire, ce témoignage, mais le temps était venu de le faire. Bienvenue sur Textes & Prétextes, à votre gré.

@ Cactus homme lézard: toujours le mot pour rire - "La plus perdue des journées est celle où l'on n'a pas ri." (Chamfort)

JEA a dit…

@ Tania
Frasby
Cactus...

vous êtes vraiment invités sur ce blog, demain

avec brigetoun, D. Hasselmann, Elisabeth.b, Saravati...

entre autres

ArD a dit…

Troisième tentative pour répondre à votre question. Vous n'avez donc pas reçu mes deux réponses précédentes, hier ?

Peut-être ai-je eu le tott de me mettre en « anonyme » (signé pourtant).

JEA a dit…

@ ArD

Les seuls commentaires reçus sont ceux publiés ici.
Sans "filtrer" ceux qui seraient plus ou moins anonymes.
Il est hélas fort à craindre que vos réponses aient été emportées par des courants contraires. Loin d'ici.
J'en suis marri...

Elisabeth.b a dit…

À propos, pour qu'un commentaire n'apparaisse pas sous le titre 'anonyme'.

Il n'est pas nécessaire de posséder un blog. Il suffit de choisir l'option Nom/URL dans la rubrique 'choisir une identité. L'url (langage sauvage pour désigner l'adresse d'une page web) est facultative, aucun problème.
Dans la fenêtre qui s'ouvre, il suffit de remplir la case Nom.

Démonstration en deux images : ici

Quant aux courants marins... imprévisibles. Le mascaret peut-être ?

ArD a dit…

Le mystère reste entier pour mes commentaires évaporés, pourtant je n'en suis pas à mon premier.
Je vous priais donc... d'excuser mon commentaire lacuneux dans lequel j'omettais de citer la source bibliographique de l'extrait que je reproduisais. Il s'agit d'un journal intime publié en 2001 aux Éditions BGA Permezel : Demain il fera beau — Journal d'une adolescente (novembre 1939 – septembre 1944). Elle était à Lyon au contact de Dru, Reussner, Chirat,... L'auteur est une de mes tantes.

Bien peu d'écrits existent sur la clandestinité, écrivez-vous : on l'imagine aisément quand on sait le silence auquel ils devaient leur vie ! Après le silence, ce fut le tacite.

Quant à ma mère qui cite souvent la Belgique dans son journal, merci pour les détails que vous m'indiquez, JEA. Son cahier ne relate pas ses actions de Résistance auprès des aviateurs anglais, mais ses 45 jours d'exode sur la route de St-Pol sur Ternoise après la prise de Dunkerque.

JEA a dit…

@ ArD

Les canaux sont rétablis... Et me relisant, je dois m'excuser de réflexes un peu trop directs dans les interrogations.
Voici donc le 4e de couverture du Journal (3 cahiers) de votre tante adolescente :

- "En novembre 1939, Denise Domenach est repliée avec sa famille à Bourg-en-Bresse. âgée de 15 ans, privée de ses amies, elle confie alors ses révoltes et ses espoirs à un cahier d'écolier : " Cela me parait un peu bête quand je pense que je fais comme les petites filles d'autrefois. Mais je suis isolée maintenant à cause de la guerre et je suis obligée de confier mes pensées à quelqu'un, eh bien ce quelqu'un ce sera mon cahier. " Puis surviennent le retour à Lyon, la signature de l'armistice, l'occupation de la zone sud, l'engagement dans la Résistance estudiantine au côté de son frère ainé Jean-Marie. Au premier cahier succèdent un deuxième, un troisième interrompu en septembre 1944 avec la Libération et avec le constat d'une maturité chèrement acquise : " J'espère que je saurai être heureuse, mais je ne serai plus jamais innocente. " Tour à tour impertinent, drôle, réflexif et pudique, ce volume est la reproduction fidèle et sans modification autre que typographique des trois cahiers manuscrits et inédits de l'auteur."

Dominique Domenach-Lallich, aux Ed. BGA Permezel, Lyon.

ArD, vous n'accepteriez pas de déposer sur ce blog un billet avec votre lecture de ce Journal ?